Ensemble HORTUS MUSICALIS

Prochains concerts

LE PROGRAMME
STYLUS PHANTASTICUS

Girolamo FRESCOBALDI (1583-1643)
Il secondo libro di toccate 1637
Toccata Settima
Canzon prima a basso solo (Venezia 1634)

Matthias WECKMANN (1616-1674)
Toccata in d

Johann SCHENCK (1660-1712)
L’écho du Danube
Sonate V en mi mineur
Aria, Gavotta, Giga

Dietrich BUXTEHUDE (1637-1707)
Prealudium in g

August KUEHNEL (1645-1700)
Sonate ô Partite ad una o due viola da gamba, con il basso continuo (1698)
Sonate n°7 en sol maj

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Billetterie en ligne

 

PROGRAMME

Johann Sebastian BACH (1685-1750)
Actus Tragicus « Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit » BWV 106

Andreas WECKMANN (1616-1674)
Wie liegt die Stadt so wüste

orgue :
J.S. Bach O Mensch bewein, dein Sünde groß BWV 622

Johann Christoph BACH (1642-1703)
Ach das ich Wassers gnug hätte

Johann Sebastian BACH (1685-1750)
Cantate « Christ lag in Todesbanden » BWV 4

L’Actus Tragicus BWV 106  Composée probablement à l’âge de 22 ans, elle renferme une une très grande charge émotionnelle. Avec une palette restreinte d’instruments, Bach parvient à créer des miracles : la sonatine d’ouverture comprend vingt mesures qui sont parmi les plus déchirantes de toute son œuvre. Depuis la dissonance languissante des deux violes de gambe jusqu’à la façon ravissante dont les deux flûtes à bec entrelacent et échangent des notes voisines, glissant vers l’unisson pour s’en éloigner à nouveau, on nous offre ici une musique pour lutter contre la douleur

La cantate Christ Lag in Todesbanden BWV 4 fut composée en 1707 par le jeune Jean Sébastien Bach (1685-1750) alors âgé de 22 ans dans le but d’obtenir le poste d’organiste à Mülhausen : c’est l’une de ses premières cantates sacrées et il y attachera une importance particulière toute sa vie. Tout au long des sept strophes, Bach donne à entendre le combat physique et mystique du Christ contre la mort, tout en dévoilant des trésors d’ingéniosité pour tenir les contraintes formelles qu’il s’est lui-même imposées. À la fois profonde et technique, cette cantate de Bach est vraiment exceptionnelle.

Les concertos vocaux de Matthias Weckmann et surtout Johann Christoph Bach, son oncle, ont sans aucun doute influencé et inspiré le jeune JS Bach. Ils sont d’une grande expressivité malgré leur économie de moyen, un peu à l’instar des Kleine Geistliche Konzerte ou des Symphoniae Sacrae de H Schütz

L’Ensemble HORTUS MUSICALIS

Béatrice DUNOYER, Anne PEUDEPIECE, Camille LASSERRE, sopranos
Laura PHELUT, Frédéric SCHWAB, Elise DUCLOS, altos
Denis LECOQ, Richard BENEDICTO, Jean-Paul MEYER ténors
René SCHIRRER, Jean MOISSONNIER, Maurice SUTTER basses

Violon 1 Marine MAIRET
Violon 2 Danilo CAPRIULO
Flûte 1 : Noémie JUSSELLE
Flûtes 2 Catherine WOHLHUTER
Viole de gambe : Marie-Paule LEFEBVRE
Viole de gambe : Hélène RYDZEK
Violoncelle : Lisa ERBES
Orgue et continuo : Roland LOPES

Jean-Luc IFFRIG, direction artistique

L’Ensemble Hortus Musicalis a vu le jour en 1989, à l’initiative de Jean-Luc Iffrig, le directeur artistique. En grand Ensemble ou en petites formations de solistes et d’instrumentistes, les musiciens essentiellement professionnels se proposent d’offrir des voyages de la Renaissance à l’époque contemporaine. L’église Ste Aurélie de Strasbourg nous accueille en résidence pour nous permettre d’explorer un répertoire large : des pièces classiques ou inédites d’inspiration profane ou spirituelle que nous mettons volontiers en scène. (cf. Requiem de Mozart en 2018)

Notre démarche artistique s’appuie sur trois objectifs animés par l’envie de partager notre musique :

• La diffusion : tout en restant fidèles au public strasbourgeois, nous nous produisons au-delà des grandes agglomérations dans des petites communes du Grand Est, moins habituées aux concerts classiques. Nous participons aussi à des saisons de concerts ou Festivals internationaux à travers toute l’Europe. Une tournée en Lituanie est prévue cet été où nous participerons à deux festivals internationaux lors desquels nous aurons le plaisir de créer une oeuvre du compositeur français François Rossé.

• La découverte : Jean-Luc Iffrig sollicite régulièrement des compositeurs contemporains afin d’enrichir notre programme et de promouvoir leurs créations.

• La pédagogie : notre ensemble s’engage dans des projets pédagogiques puisque des extraits de notre répertoire sont présentés et expliqués dans les écoles élémentaires, collèges, écoles de musique… et que certaines répétitions sont ouvertes aux élèves, à leurs enseignants et à leurs parents.

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Ombres et lumières
L’âge d’or de la musique au clavicorde
et la poésie de Rainer Maria RILKE

Jean-Sebastien BACH (1685-1750)
Sonate in d BWV 964
Adagio – Fuga (Allegro)
Die Gedanken der Nacht…
Andante
Starker, stiller…
Allegro
Daß mir doch…

Carl-Philipp-Emmanuel BACH (1714-1788)
12 Variations über die Folie d’Espagne
Variation 1-2-3-4-5-6
Avec ce nuage, vois…
Variation 7-8-9-10-11-12

Wilhelm Friedemann BACH (1710-1784)
Johann Wilhelm HAESSLER (1747-1822) ?
Sonate in a moll
Souvent je te contemplais étonné…
Poco Allegro
Largo
Presto
Jadis, combien souvent…

Johann-Gottfried MÜTHEL (1728-1788)
Tempo di Minuetto con varizioni in F maj
Thema
Ob ich damals war oder bin…
Variations 1-2-3
Pourquoi le jour nous persuade-t-il…
Variations 4-5-6
An das Stillende hinaufgekehrt…
Variations 7-8-9
Wie hinhielt ich dies Antlitz… Ce n’est qu’à présent…
Variation 10 Fantasia

Ensemble HORTUS MUSICALIS
Éloïse TREAND et René SCHIRRER comédiens
Jean-Luc IFFRIG clavicorde
Marie-Salomé IFFRIG scénographie

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Marcher avec la famille BACH

Johann-Sebastian Bach a porté la musique allemande du début du XVIIIème siècle à son apogée stylistique, formelle et expressive. Les fils Carl Philipp Emmanuel et Wilhelm Friedemann Bach, représentant l’héritage mais allant aussi vers de nouvelles voies d’expressions : style galant, « Empfindsamkeit », « Sturm und Drang ».

La fin du XVIIIe siècle marque un tournant esthétique important ; les fils Bach représentant l’héritage du père, un de ses plus talentueux élèves Johann Gottfried Muethel portera ce style à son paroxisme et nous offrent l’occasion de nous plonger dans cette époque riche en bouleversements.
Le clavicorde est l’instrument idéal pour illustrer ces évolutions stylistiques et expressives. Instrument à cordes frappées très en vogue jusqu’au XVIIIe siècle, le clavicorde est tombé dans l’oubli, supplanté par le piano-forte. Instrument préféré de Jean-Sébastien Bach, le clavicorde surprend d’abord par la finesse de son timbre, son toucher délicat, sa sonorité discrète et subtile qui le destinait à la musique de chambre ou de salon.

Rainer Maria RILKE (1875-1926) Poèmes à la nuit (Gedichte an die Nacht)
Voici ce qu’écrivit Marguerite YOURCENAR dans l’édition de ces poèmes traduits par Gabrielle Althen et Jean-Yves Masson parus en 1994 :

Si ce poète habitué aux visitations angéliques s’est voulu insubstantiel, humble, dépouillé jusqu’à la transparence, c’est qu’il se savait né pour transmettre, pour écouter, pour traduire au risque de sa vie ces secrets messages que les antennes de son génie lui permettaient de capter ; enfermé dans son corps comme un homme aux écoutes dans un navire qui sombre, il a jusqu’au bout maintenu le contact avec ce poste d’émission mystérieux situé au centre des songes.
Du fond de tant de dénuement et de tant de solitude, les privilèges de Rilke, et son mystère lui-même, sont le résultat du respect, de la patience, et de l’attente aux mains jointes. Un beau jour, ces mains dorées par le reflet d’on ne sait quels cieux inconnus se sont écartées d’elles-mêmes, pareilles à la coque fragile et périssable d’un fruit formé dans la profondeur de ces paumes, et dont on ne saura jamais s’il doit davantage à la lumière qui l’a mûri, ou aux ténèbres dont il est issu.

C’est exactement comme cela qu’on pourrait décrire le son du clavicorde ; entre « lumière » et « ténèbre », l’essence même du Strum und Drang.